Le regard que nous posons sur nos enfants

Le regard que nous posons sur nos enfants

le regard sur nos enfants

Je mets ici une réflexion sur le regard que nous posons sur nos enfants.

Je prends l'exemple d'enfants ayant des troubles du comportement mais cela s'applique à n'importe quel enfant.

Finalement, qu'est ce qu'un trouble? Une façon différente de percevoir, de concevoir, d'appréhender le monde, à l'écart des rangs de la normalité? Celle qui ne rentre pas dans les cases? Celle que l'on ne peut façonner à sa guise?

Qu'est ce que cette normalité apparente, quand et comment a t elle été définie?

Ce qui m'a choquée récemment, c'est de vouloir définir le comportement d'un enfant avant même de l'avoir rencontré (j’accompagne des enfants en situation de handicap à l'école). Le mettre dans une case, une image figée. Se rassurer sur ce que l'on va rencontrer. Cela part d'une bonne intention.

La vie n'est t elle pas continuel mouvement ?

La réaction d'un enfant ne dépend elle pas de son environnement, de ce qu'il reçoit avec sa carte sensorielle et sa sensibilité, de ce qu'il perçoit de l'autre, de son paysage intérieur avant tout ? (Au delà du paraître), et surtout de ce qui est attendu de lui pour être aimé, accepté? Il adoptera ce comportement figé que vous lui avez placardé pour être accepté par vous même. Et vous , une fois l'image élaborée, vous ne le verrez qu'à travers ce filtre, le cerveau aimant reconnaître ce qu'il connaît, donc ce qu'il a imaginé (mis en image pour se rassurer ). Il scrutera tous les indices pour vous ramener au diagnostic élaboré.

Quand je rencontre un enfant, avant toute autre chose: j'observe. Beaucoup. Et je l'écoute. J'écoute ce qu'il dit mais aussi avec tous mes sens, mes ressentis. Ce que je capte avec mes antennes.
Et surtout, surtout !, je lui laisse de la place. Intérieurement, je lui crée un espace, un espace vide que je ne remplis avec rien. Je lui laisse la place de se dessiner lui-même, de me montrer qui il est sans idée, sans schéma. Je le laisse libre d'être. Un humain en mouvement, avec ses milliards de possibilités d'être justement. Et peut-être, pour une fois, quelqu'un lui aura laissé la possibilité de se montrer et d'être accepté tel qu'il est, dans cet instant, dans son interaction avec moi.

Je ne sais pas si c'est la bonne manière, ou la manière protocolaire. Ce que je sais c'est que ces enfants me font confiance, viennent vers moi spontanément, sont contents de me voir. Et le travail suit, se fait. Ils réussissent toujours à le faire.

Quelque soit l'enfant, je pense que nous devrions nous efforcer de lui enlever les étiquettes que nous lui avons collé. Le timide, le colérique, le pas doué... mais aussi le drôle, le gentil, le propre... Oui, à un instant, lors d'une interaction il a réagi ainsi. Et si vous lui laissiez la place d'être autrement, d'être cet espace en mouvement, de se redéfinir à tout moment, d'être finalement accepté dans la multitude ses aspects. Si vous lui permettiez de changer, d'évoluer. Je pense que ce serait le meilleure service rendu au futur adulte qui se crée : ne pas s'enfermer dans la façon d'être qu'il aura imaginer la bonne pour être aimé. Vous lui permettrez de s'accepter dans tous ses couleurs uniques ! (Nous savons adultes ô combien c'est la chose la plus difficile qu'il soit).

Coline

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