L'un des plus intenses laboratoires de l'être

laboratoire de l'être couple

On dit souvent qu'il faut guérir d'abord, s'aimer soi même avant de se mettre en relation. Ce n'est pas faux. L'autre n'a pas pour rôle de combler notre manque d'amour, cela lui donnerait une énorme charge à remplir, qui en voudrait ? Cette source est à trouver en soi, pour et par soi-même.

Cependant je me suis rendue compte d'une chose, cela peut devenir un sorte de piège confortable.

J'ai pu entendre "moi je suis fort-e, libre, je ne dépend de personne!"

Et je comprends "j'ai tellement été blessé, on va pas me refaire le coup 36 fois, barricade de l'extrême, bah les pattes (alors qu'au fond je rêve que de ça être en relation)"

Si vous vous mettez sur le côté et regardez les voitures rouler, vous ne saurez jamais si vous avez dépassé votre peur de conduire. C'est pareil avec les relations. Y a un moment faut y aller.

Être libre de toute relation, se dire indépendant seul, c'est facile. Le vrai travail, celui qui va en profondeur, c'est de trouver la liberté au sein même de la relation, quand il y a implication émotionnelle. Car c'est à ce moment là que toutes les blessures du cœur resurgissent, que toutes les blessures du premier lien d'attachement reviennent, et c'est aussi là que commence le travail de guérison. Celui qui ouvre le cœur, qui ouvre à l'amour véritable, sans attente, sans culpabilité, sans frein. On ne guérit pas en évitant, mais en se confrontant. Pas pour être maso mais pour se voir, voir ce qu'il y a de blessés, ses schémas réactionnels, ses empêchements émotionnels, et pouvoir s'autoriser à les vivre, cette fois, différemment, consciemment, complètement. C'est au cœur de l'expérience que se trouve la clé de l'apaisement. Et bien souvent aussi l'amour de soi. Cela me montrer où j'en suis, où j'ai besoin de mettre de la lumière et de l'amour.

Être bien seul, c'est cool mais c'est simple, c'est retarder la guérison du cœur, la plus courageuse. Celle dont chacun souffre à des degrés différents. Celle du fond de nos tripes. Celle qui nous met le plus en insécurité. Mais également celle, si elle est transcendée, qui nous rend le plus vivant, le plus libre réellement. Car libre, on ne recherche plus mais on ne fuit plus non plus l'attachement, celui qui a été douloureux ou celui qui n'a jamais eu lieu.

Changer de programme, créer une nouvelle expérience du lien, là est la transformation, là est le potentiel de guérison. Ce n'est pas l'autre qui en prend la charge entendons nous, c'est soi même, l'autre est un vecteur qui le permet, notre reflet, un miroir et peut devenir un magnifique cadeau. Cela se fait soit en conscience, ce qui demande beaucoup de maturité et bien sûr beaucoup d'amour, pour soi, pour l'autre, pour la relation ; soit à notre insu ce qui est souvent plus douloureux...Soit c'est déjà là, et c'est une autre expérience qui est à vivre. Pas de vérité absolue !!

Ce n'est pas la relation qui guérit, elle est le révélateur de notre être, une précieuse aide pour vivre le lien sainement, harmonieusement. Une fois vu, un accompagnement thérapeutique est souvent nécessaire.

Ceci n'est pas une ode à se mettre en couple absolument, juste à poser son regard sur un fonctionnement. L'équilibre est nécessaire, des temps avec soi pour se recentrer et faire le point sont aussi importants.

Il existe également beaucoup d'autres formes que le couple, je suis juste convaincue, surtout dans notre société, que la guérison du 2 ouvre au reste.

Avec amour,

Coline Cornefert

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